La végétalisation est un phénomène dont on parle beaucoup et qui touche les milieux professionnels comme les habitats. Certains pensent que le procédé est purement esthétique alors que d’autres y voient de nombreux bienfaits qui en font un élément indispensable du monde urbain. Mais qu’en pense la loi ?

Végétalisation des murs et toits : un peu d’histoire

Les toitures végétalisées sont connues en Europe depuis les années 80, plus connues en France depuis les années 2000. C’est un procédé très à la mode principalement pour des raisons esthétiques, mais aussi pour réintroduire la nature dans notre quotidien et pour préserver la biodiversité et l’environnement.

Cependant, la végétalisation est utilisée depuis la nuit des temps et n’a pas de secret pour nos ancêtres (en tout cas dans sa forme traditionnelle). En effet, elle est utilisée depuis la préhistoire pour mieux isoler les habitats de l’air et de l’eau et les protéger mieux des intempéries. Les végétaux permettaient alors de disposer une couche protectrice et n’étaient pas plantés uniquement pour des raisons esthétiques.

Dans les années 80, les Allemands étaient les premiers à réintroduire la végétalisation dans le paysage urbain sous l’encouragement du gouvernement. En 1995, le taux de nouvelles toitures végétalisées construites était de 10%. Depuis, les toitures végétales connaissent un grand essor dans les pays européens.

En Suisse et en Autriche, la végétalisation est obligatoire si la toiture présente une inclinaison adaptée permettant la plantation de végétaux. Elle est obligatoire en France pour toutes les constructions commerciales, pouvant être remplacée par les procédés de création d’énergies renouvelables. Aujourd’hui, le phénomène de la végétalisation, des toitures, mais aussi des murs touche le monde entier.

On retrouve ces nouveaux jardins aux États-Unis dans les grandes villes, dans l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale. En Asie, la végétalisation est très en vogue au Japon et récemment en Chine.

Les réglementations de la végétalisation

S’il est vrai que les murs végétaux et les toitures végétalisées étaient considérés purement esthétiques il y a quelques années, les choses ont beaucoup changé récemment et en particulier depuis l’année 2016.

Aujourd’hui, on comprend plus les intérêts que présente la végétalisation pour le bien-être de l’homme et pour la préservation de notre environnement. De ce fait, l’Assemblée nationale adopta le 24 mars 2015 un nouveau projet de loi « Biodiversité » qui obligerait l’installation d’un procédé de production d’énergies renouvelables ou d’u système de végétalisation sur les toitures des nouvelles surfaces commerciales.

Plus d’un an après (exactement le 9 août 2016), la loi sur la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages est appliquée, obligeant les nouvelles surfaces commerciales françaises de plus de 1000 m² à végétaliser leur toit.

Enfin, l’article 86 de la loi pour la reconquête de la biodiversité appliquée le 1er mars 2017 autorise la construction de nouveaux bâtiments commerciaux que s’ils intègrent des procédés de production d’énergies renouvelables ou un système de végétalisation basé sur un mode cultural garantissant un haut degré d’efficacité thermique et d’isolation et favorisant la préservation et la reconquête de la biodiversité.

La loi précise aussi que le procédé doit être intégré en partie ou sur toute la toiture et de façon non exclusive. En ce qui concerne les autres types de constructions, notamment les habitats, l’installation de toiture végétalisée est considérée uniquement esthétique et non indispensable par La Cour de cassation. Ce qui peut poser problème en ce qui concerne l’assurance et qui nécessite une bonne compréhension avant de procéder à l’installation.

Des toits et des murs végétalisés, on en retrouvera désormais partout au grand plaisir de nos yeux et pour le bien de l’environnement et de l’homme. Faire appel à un professionnel reste la meilleure solution si cela vous tente.