L’un des tissus traditionnels du Cameroun, le Toghu (parfois aussi appelé Atoghu), s’impose sur la scène mondiale de la mode grâce à de jeunes créateurs et stylistes camerounais.

Les regards du monde entier s’étaient posés sur eux. Eux, ce sont les Camerounais, représentants sportifs du pays lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012 et à Rio en 2016. Pourquoi donc les athlètes du Cameroun ont-ils suscité un tel intérêt lors de ces deux Olympiades?? Cette fascination peut se résumer en un seul mot : Toghu.

Une tradition vestimentaire venue du Nord-Ouest du Cameroun

Le Toghu est ce tissu venu des peuples de la région Nord-Ouest du Cameroun qui a gagné une reconnaissance internationale. En effet, lors du traditionnel défilé des sportifs, les Camerounais s’étaient parés de vêtements aux motifs particuliers que les amateurs de beaux vêtements traditionnels ont rapidement reconnu. C’est ainsi que le Toghu a fait une entrée remarquée sur la scène internationale de la mode.

Un fond noir en velours, sur lequel est apposé des motifs de couleurs brodés avec une attention et une finesse particulière est ce qui caractérise le Toghu. Une telle minutie dans la fabrication de ces pièces n’étonne plus lorsque l’on sait que les vêtements traditionnels conçus à partir de ce textile étaient l’apanage des rois et dignitaires de la région Nord-Ouest du pays. Ce sont en particulier les Bamilékés et les Bamendas qui en adoptant ce tissu et lui ont permis d’avoir un telle visibilité dans le pays.

De jeunes créateurs camerounais à l’avant-garde du Toghu

Mais l’aventure du Toghu ne s’arrête pas aux frontières du Cameroun et des Jeux Olympiques. Les créateurs de mode camerounais se sont emparés du motif et s’en sont inspirés afin d’imposer ce tissu traditionnel comme un élément créatif, tout en le modernisant.

La plus emblématique des marques ayant travaillé à partir du Toghu est Kibonen NY, de la créatrice de mode d’origine camerounaise Kibonen Nfi. En s’inspirant des motifs de ce tissu, elle lui a insufflé une nouvelle jeunesse.

Elle n’est pas la seule à l’utiliser. Liz Ngwane, dans la ville de Buea y voit aussi une manière de faire la promotion de savoir-faire camerounais et incité à acheter local.

Plus intéressant encore, l’acteur américain Blair Underwood, après s’être découvert des origines communes avec les populations camerounaises a adopté également le Toghu dans sa garde-robe. En espérant qu’il soit le premier d’une longue liste de personnalités.